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vendredi 16 décembre 2016

Après des années...

... il suffit d'animer un atelier d'écriture, de décider de relever un défi (ici, écrire un slam avec "marron" et "bleu"), pour que certains souvenirs, certaines émotions affleurent... Le plus difficiel est de leur permettre de s'exprimer. 

Après des années...

Il y a dans ton regard du désespoir c'est certain
Tu t’égares dans le passé pour pas penser aux lendemains
De solitude et d'errance, de lenteur et d'impuissance.
Captive d'un corps friable, d'un corps de souffrance,
D'un corps faible, haïssable, parce qu'il te trahit,
Toi jadis si forte, tu te supportes plus ainsi.
Tu dépéris, tu te dis chaque soir "cette nuit, c'est fini",
T'espères ne plus te réveiller, pouvoir enfin te reposer,
Débarrassée du poids de ta vieillesse, et t'envoler 
Vers le bleu étincelant d'un ciel d'éternité.
Moi, je refuse de croire que dans tes yeux marron
C'est de la rage qu'il y a et la haine d'une prison,
Dont tu peux t'évader que d'une seule façon:
Tu sais, l'amour rend aveugle, et parfois vraiment con.
Un jour tu trébuches, tu t'effondres, ta carcasse
Te lâche encore une fois et se fracasse
Sur le sol froid du salon. T'as mal, t'as les poings serrés
Tu n'appelleras pas, tu couleras sans résister.
Tu reprends conscience dans une chambre d'hôpital,
Avec vue sur la télé ou le ciel hivernal.
T'aurais préféré que ça se termine autrement,
Quelque part tu t'en fous, tu sens que c'est maintenant
Le moment de lâcher prise, t'as tous les éléments,
Pour abandonner le présent, et courir avec le vent. 
Il m'a fallu du temps, tu vois, pour  arrêter d'angoisser 
Quand vient le moment des fêtes de fin d'année,
Pour comprendre ce sentiment de tristesse lancinant,
Qui s'agrippe à moi de Noël au jour de l'An. 
T'es partie, c'est pas grave, c'était ce que tu voulais,
Être libre de planer, invisible, près de ceux qui t'aimaient,
Qui t'aiment toujours et se souviennent de toi,
Telle que tu es dans leur cœur, que tu étais autrefois.















jeudi 15 décembre 2016

Le Jour où je suis partie

J'attendais que l'image de couverture soit disponible sur le Net pour vous en parler... Et voilà! 



"C’est là-bas que je dois aller. À Rabat. Pour fuir ce mariage dont je ne veux pas. Pour rejoindre ces femmes, et marcher à leurs côtés en mémoire de mon amie."
Tidir rêve de liberté. Courageuse et déterminée, elle quitte son petit village près de Marrakech pour participer à la marche des femmes à Rabat...

Ce roman sort le 4 janvier prochain, aux éditions Flammarion. C'est un texte auquel je tiens particulièrement, en raison de ses principaux thèmes, l'émancipation, le féminisme, l'amitié,  évidemment mais aussi parce qu'il parle du Maroc, ma terre de cœur. Et particulièrement de la région du Souss, où commence le roman. 

Vous pouvez en lire le début sur ce lien

lundi 5 décembre 2016

Lectures de novembre : ailleurs et ici

Il y en a eu trois tonnes, comme d'habitude. Ce n'est pas ma faute, c'est juste que... Bref. On s'en fout, n'est-ce pas ? L'important, c'est le contenu.

Paru dans la nouvelle collection de Scrinéo, dirigée par Stéphanie Nicot, un récit de space-op. On y suit d'un côté une jeune Explo, Luu Ly et ses compagnons, en quête de nouveaux Seuils pour l'expansion de la Fédération ou de L'Empire (qu'importe pourvu qu'il y ait des crédits à la clef). De l'autre, Stella, psycho-éthologue et son stagiaire Lonxto,  doué d'empathie. Tous deux sont employés par la Fédération pour analyser le comportement des races sentientes. Non pour communiquer et développer de nouvelles alliances... mais pour les détruire - par mesure de sécurité. Roman extrêmement riche,  Les océans stellaires pose les jalons d'une réflexion sur notre rapport à l'autre, qu'il soit humain, clone ou radicalement différent . C'est, en tous cas, l'aspect qui m'a le plus touchée dans cette histoire - l'utilisation d'être sensibles (Lonxto et son amie) comme instruments de guerre (ce qui n'est pas sans rappeler le pilotage des drones à distance par des soldats, émotions en moins) et la destruction systématique de ce qui ne nous ressemble pas... spécisme oblige. 
Une très belle découverte !
Acheté l'an dernier, lu cette année, cet essai du génial Michel Terestchenko dont Un si fragile vernis d'humanité avait agi pour moi comme un révélateur. Ici, il est question d'humain et de politique, de la manière dont se déconstruisent les identités de ceux tentés par le djihad et la manière dont  le monde occidental, croyant lutter contre le terrorisme, ne fait que que le renforcer, au prix de torture et/ou de lois liberticides (suivant hélas, d'ailleurs, les propos tenus par Ben Laden sur la manière dont il envisage la fin de l'occident : des sociétés devenues tyrannies étouffantes où il devient impossible de vivre.)
Une superbe et alarmante réflexion sur nos sociétés, occidentales et moyen-orientales, et sur les monstres qu'elles engendrent. 




lundi 28 novembre 2016

Contradictions, compromissions, questions

T'es quelqu'un de bien au quotidien,
Le genre à sourire, à aimer ton prochain.
T'aimes pas médire et tu préfères te taire
Plutôt qu'émettre un jugement arbitraire.
Tes amis sont blacks, beurs, blancs,
Ton cousin et son homme ont adopté un enfant.
Tu t'es battu pour la liberté d'être qui l'on veut
Pourvu que chacun soit heureux.

Mais quand s'agit de voter
T'oublies, et tu te laisses porter
Par la téléréalité version politique.
Tu ne vois plus l'éthique acrobatique
Des candidats, et leurs compromissions,
Les mots sécurité, réforme, immigration,
Te les font élire, réflexes conditionnés
Par des années de shows médiatisés.

Et tant pis si à la fin il ne reste rien de tes belles idées, de tes rêves d'humanité, de fraternité...  

Dès leur naissance t'as inculqué à tes mômes
Le respect de l'autre, et aussi que l'homme
Et la femme naissent libres et égaux en tout.
Tu sais que les réfugiés sont des gens comme nous.
Tu crois que le monde peut vraiment s'améliorer,
Que l'éducation est à la base de la société,
Que lire n'est pas une perte de temps, que rêver
C'est un truc important qu'il faut encourager,
Vraiment, et que protéger, réparer l'environnement
Lutter contre le réchauffement, ça devient urgent.
Tout comme préserver les espèces en danger,
Les abeilles, les loups et la biodiversité.

Mais quand s'agit de choisir
Entre ta carrière  et l'avenir,
T'as la morale acrobatique et l'éthique amnésique.
C'est logique t'es une bête politique.
Les mots réforme, immigration, sécurité,
fonctionnaires, déficit,  austérité,
Activent, réflexes conditionnés,
Les électeurs que tu cherches à gagner.
Tu le sais tu en uses, même si tu n'y crois pas:
Tout ce qui compte, c'est de réussir à drainer des voix

Et tant pis si à la fin il ne reste rien de tes belles idées, de tes rêves d'humanité, de fraternité...

Et pourtant...
T'es quelqu'un de bien au quotidien,
Le genre à sourire à aimer ton prochain ...









samedi 26 novembre 2016

Un prix pour Là Où tombent les anges

Là où tombent les anges a remporté le Prix du Jury du livre numérique, organisé par Youboox : ici. Je suis d'autant plus ravie que c'est en grande partie grâce au bouche à oreilles de la blogo/youtubo/ sphère que ce roman se fait connaître. Et puis, quoi de mieux qu'un thème comme le changement ? 
je vous livre ici une chronique du Bazar de la littérature, qui participait au jury du prix :

je revenais d'une journée dans la boue, je ne m'en tire pas si mal, hein ? 




L'article, sur IDBOOX est lisible dans son intégralité sur ce lien. Et, comme les prix étaient dotés d'un budget de publicité , vous devriez entendre parler de mon roman sur la toile et ailleurs d'ici peu!

mercredi 16 novembre 2016

Salons- nouvelles - et nouvelle

D'abord, la magnifique couverture du recueil de nouvelles Contes d'Ecryme, à paraître en janvier 2017 aux éditions Mnémos. Dirigée par Isabelle Périer, cette anthologie est la jumelle du jeu de rôles Ecryme, qui paraît en même, temps chez Matagot et développe le bel univers de Mathieu Gaborit.

Auteurs : Raphaël Albert, Charlotte Bousquet, Alexandre Clavel, Fabien Clavel,  Estelle Faye, Mathieu Gaborit, Arnaud Gaugain, Raphaël Granier de Cassagnac,  Nicolas Le Breton, Tristan Lhomme, Samuel Metzener, Franck Plasse

Et donc...
Ce week-end, je serai présente vendredi et samedi au salon du livre du Touquet, pour des rencontres et des dédicaces. Dernière chance de trouver Le Dernier ours, car il est en rupture de stock pour le moment !

Mon dernier salon de l'année sera bien sûr le SLPJ de Montreuil.

Je participerai à une table ronde sur le féminisme et l'émancipation en compagnie de Sarah Turoche-Dromery le vendredi 2 décembre, à 13H.

Et voici mes horaires de dédicace :


duréestand
vendredi 2 décembre10h00Rageot Éditeur2 heures 30G21
vendredi 2 décembre14h00Gulf Stream Éditeur2 heuresF21
samedi 3 décembre17h00Gulf Stream Éditeur2 heuresF21
dimanche 4 décembre17h30Gulf Stream Éditeur1 heure 30F21


jeudi 10 novembre 2016

2017

J'entends autour de moi des "ils se ressemblent tous", "en 2017, ce sera Le Pen contre X ou Y", les X ou Y étant soit Juppé/Fillon soit (plus vaguement) un PS non identifié. Pas une fois la possibilité d'un  mieux n'est évoquée. "On n'y croit pas." "Ca ne sert à rien." Ou encore "Je l'aime pas il a une grande gueule" (généralement, c'est ce que les médias disent des hommes de vraie gauche et l'image qu'ils font passer de lui, comme ils taxent les femmes politiques d'hystériques agressives... si si, je vous assure). 
Etre défaitiste, c'est peut-être être réaliste. 
Peut-être qu'effectivement, en 2017, on aura un énième énarque ultracapitaliste-mais-rassurant-parce qu'homme de chiffres- de droite- sérieux. Peut-être qu'on aura Trumpette et sa clique (autant vous dire que je risque d'avoir des soucis vu ce que je publie... ) 
Mais ce que je crois surtout, c'est que nous sommes à un tournant de notre existence, en France mais aussi dans le monde. Nous sommes en plein dans la 6ème extinction. Nous sommes en train de détruire cette planète, que nous laissons aux mains d’industriels et d'ordures qui se foutent bien de l'avenir pourvu qu'ils s'engraissent. Nous sommes en train de laisser des dizaines de milliers de personnes crever, sous les bombes, la torture, tout en "les renvoyant chez eux" (mais c'est quoi, chez eux ? Une condamnation à mort, non ?).
 En France, nous bradons ce qui fait notre culture au nom de la rentabilité. Surpression de poste dans les hôpitaux, suppression de budgets liés à la culture et à l'éducation. Taxes, toujours plus importantes, des petites entreprises (ce qui permet du coup au libéralisme de leur faire des clins d’œil alors que  tout ce qui intéresse le grand capital, c'est les absorber dans des grandes structures et faire du profit), abandon complet des petits producteurs écrasés par des normes européennes, absurdité totale du système de chômage (on est "puni" de ne pas avoir d'emploi ? ), politique du chiffre, de la rentabilité, de la déshumanisation des gens. 
Et tout cela défendu par des médias au service des politiques et des industriels (A qui appartiennent les journaux ? Les télés ? ), qui s'occupent plus de faire du buzz et de la télé-réalité que de faire du vrai journalisme. 
Aujourd'hui, je n'ai pas envie d'être défaitiste. J'ai envie de croire que mes nièces, que les enfants de mes amis, que les ados que je rencontre régulièrement dans les collèges, les lycées, pourront vivre dans un monde pas totalement pourri. Avec de vraies prises de conscience. De vrais changements. Et de l'espoir. 
Aujourd'hui, j'ai envie de réfléchir sur des programmes politiques proposant des réflexions de fond, de vrais débats, intelligents - et pas un concours de popularité à l'américaine. 
Donc, oui, je soutiens JLM. Activement. Mais surtout, je soutiens sa démarche et les idées qu'il défend

 Débat avec Noël Mamère. 
Et oui, JLM est écolo. Et oui, JLM est sensible à la cause animale.

Et en ce moment même, un direct très intéressant sur la sécurité, le terrorisme et la société, avec de vrais gens sérieux :
– Georges Knecht, secrétaire général du SNIPAT-FO (syndicat national indépendant des personnels administratifs et techniques), membre de la FSMI-FO (Fédération des syndicats du Ministère de l’intérieur)
– Laurence Blisson, magistrate, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature
– Vincent Drezet, ancien secrétaire national de Solidaires Finances publiques
– Djordje Kuzmanovic, analyste géopolitique
– Alexandre Langlois, Gardien de la paix au Renseignement territorial
– François Pirenne, Spécialiste du renseignement


Je vous invite à regarder, à réfléchir, à envisager le mieux au lieu d'envisager le pire.
#Franceinsoumise

lundi 7 novembre 2016

Retour sur le prix 15/17 de la foire de Brive

Ce week-end, j'étais donc invitée à la Foire du livre de Brive pour recevoir le prix 15/17, aux côtés de l'adorable Eric Sénabre, lauréat du 12/14. Un prix de lecteurs, remis en partenariat avec le Crédit Agricole et doté, ce qui n'est pas rien quand on connaît un peu la situation de l'auteur moyen en France. 
A ce propos, petite anecdote : je suis rentrée, par le train des auteurs (oui, on peut quand même manger végétarien), avec un éditeur qui m'a appris que les bénéfices engendrés par la culture, en France, étaient trois fois supérieurs à ceux de l'automobile. Ça laisse rêveur quand on sait que, depuis 10 ans au moins, l'état sucre les budgets culture des régions, et tout ce qui y est lié est considéré avec une légère touche de condescendance (ça ne rapporte rien, ce n'est pas réaliste). Bref...




Je suis d'autant plus heureuse d'avoir remporté ce prix qu'il s'agit d'un roman assez ambitieux, puisque c'est une libre interprétation d'un classique du théâtre (et d'un mythe, aussi...) : Don Juan. A ce propos, même si chez Rageot, les décisions sont souvent collégiales, je remercie tout particulièrement Guylain pour son travail sur le texte et nos discussions toujours constructives, ainsi que Axelle et Anne qui ont énormément soutenu le roman.
Comme quoi, il faut arrêter de penser que les ados "ne lisent pas", "ne s'intéressent pas", "ne comprennent pas" (les classiques), etc. S'ils aiment Tant d'étoiles dans la nuit et Songe à la douceur (de ma copine Clémentine Beauvais, chez Sarbacane), c'est bien la preuve du contraire...
Retour en photos sur ces bons moment en compagnie de mon co-lauréat, de Raphaëlle et des ados...

photo : M. Coueslan

photo : M. Coueslan


avec Eric. photo : M. Coueslan

avec Eric et Raphaëlle. photo : M. Coueslan
Et puis, quelques photos prises par les parents de Louise, de l'interview que nous avons faites toutes les deux pour France 3 (après passage obligé chez la maquilleuse!)


En résumé, un superbe week-end, avec des lecteurs, des amis, et de belles rencontres! Un merci final (mais pas des moindres) à la librairie Chantepage, aux libraires et aux bénévoles qui ont été super ainsi qu'à Hafida :)

lundi 31 octobre 2016

Instant




Celui qui s’envole et se vole
comme un oiseau
comme un baiser
De funambule sur une bulle
transparente
et délicate
et fragile
Comme des ailes de libellule  
Celui qui se savoure chaque jour
dans ton sourire
dans ton regard
Rayon de lune voilant les dunes
d’une caresse
d’opale
et d’argent
Avant de se fondre dans la brune
Celui qu’on poursuit tout une vie
Celui qu’on trouve et qu’on chérit
                   l’espace d’un souffle

lundi 24 octobre 2016

Elle

Petit éclat de douceur
Tu effleures les cœurs
Tu rends ses couleurs 
à la réalité

Petite étincelle brune
Tu glisses de la brume
Et jaillit l'écume 
sous chacun de tes pas

Petite flamme de nuit
Dans ton regard luit
Un rêve infini
à tisser ensemble.









vendredi 14 octobre 2016

Musiques

Après des mois de silence
De danse sans rythme
Ni thème déterminé

         efforts saccadés staccatos essoufflés

Des notes de piano ont volé
Virevolté tout autour de moi
Et moi j'ai entendu mon cœur

             battements profonds féconds élans

L'alto et le violon se sont entremêlés
Mêlant leur différences subtiles
Sur le fil d'un violoncelle aimé

                        musiques précieuses mystérieuses  muses









mercredi 12 octobre 2016

Au bord de toi

au bord de toi
             il y a l'horizon
                   déraisonnablement
             rouge et blond
au bord de toi
             il y a l'océan
                   et ses fleurs d'écume
             vaporeuse
au bord de toi
             il y a mon bord à moi
                   et mon amour
        
  infini


(pour Fabien)

lundi 10 octobre 2016

Magie


pour lire entre les lignes du monde
pour voir les formes au-delà des normes
pour comprendre sans prendre

                      et peindre l'arc-en-ciel sur un ciel étoilé

pour rêver l'impossible et créer
pour écouter le silence vibrer
pour chasser les drames sans arme
                       
                       et peindre l'arc-en-ciel sur un ciel étoilé


pour chanter l'invisible de la vie
pour effacer les frontières d'un souffle
pour rendre aux cœurs leurs couleurs

              
                                      et peindre les étoiles sur un ciel d'été

lundi 26 septembre 2016

Lassitude anti-spéciste...

J'ai de plus en plus de mal, en particulier en cette période d'ouverture de la chasse (ah, les tirs matinaux qui résonnent juste à côté des chevaux... ) avec les propos spécistes, même bien intentionnés, expliquant qu'il faut "réguler" une population d'animaux "trop nombreux" (alors même "qu'il ne fallait pas" les introduire là où personne ne les attendait ou détruire leurs prédateurs, ou... Bref... ), justifiant la mise à mort par le merveilleux mot "nuisible" ou bouffeur de troupeaux" (ah ben non, on ne dit pas ça de cette manière pour les loups)
... ou de renards mangeurs de grenouilles protégées (mais pas des pesticides et des trucs chimiques), et j'en passe. J'ai également de plus en plus de mal avec les photos qui font le buzz négatif sur facebook avec des ordures qui posent devant leur trophée, qui terrorisent un renard avant de le tuer (à 10 contre 1, top)
J'ai de plus en plus de mal avec les sociopathes qui bossent dans les abattoirs et trouvent marrant de taser un mouton, qui prennent plaisir à la torture et à la souffrance, avec ceux qui consomment cette viande, qui refusent de regarder la souffrance en face et se disent cartésiens (alors même qu'ils ne connaissent rien à Descartes), un animal est une machine, blablabla. 
J'ai également  fuck (spéciale dédicace Anne B.) marre des sportifs qui considèrent les chevaux qu'ils usent sous le poids de leurs exigences et de leur égo comme les instruments de leur satisfaction personnelle, bons à jeter une fois inutiles (ou moins performants). 
Ce sont eux, les nuisibles. Ce sont eux contre lesquels il serait bon d'avoir des arrêtés préfectoraux, des ateliers de prévention, d'information, de dépistage pour les plus sociopathes (ceux qui se défoulent sur les bœufs ou les brebis comme ils pourraient le faire sur n'importe quelle proie humaine, ceux qui se mettent en meute pour tuer, comme ils se mettent en groupe pour tabasser les plus faibles ou violer ) 

J'ai aussi de plus en plus de mal avec le paternalisme spéciste qui classe et juge, qui expérimente, décrète que l'animal n'est pas intelligent (ou alors plus ou moins), parce qu'il ne raisonne pas comme nous, parce qu'ils n'a pas les mêmes clefs, parce qu'il ne se reconnait pas dans un miroir (ben si, suffit de lui en laisser faire l'expérience... cf. mon chat), parce que... parce que c'est du paternalisme spéciste, parce que c'est tellement plus facile d'objectiver que d'essayer de se mettre à la place de l'autre - réellement. Surtout quand cet autre n'appartient pas à la même espèce... 


Voilà, ce  qui m'énerve le plus dans tout ça, c'est que ça me donnerait presque envie de détester mes semblables. Devenir misanthrope. Mais ce n'est pas ça, l'humanité. Ce n'est pas trois clampins accrochés au bout d'un fusil et leurs soutiens politiques ni une bande d'ordures qui s'acharnent à assommer, battre, tuer, dépecer ni des sales types/filles vissés par les éperons et le roll-kür à leurs chevaux martyrs ni même les scientifiques qui classent et jugent par peur de ne pas être pris au sérieux.
L'humanité, c'est tout le reste. Et elle vaut mieux que ça.

Et puis, de toute façon, la haine, je trouve ça nul. 
Destructeur. 
Minable. 
Alors, je préfère finir sur une note positive et vous copier -coller une très belle réponse de la philosophe et éthologue Vinciane Despret à la question "Certains animaux sont-ils plus  intelligents que nous ?" 

V. D. C’est une très jolie question. Pourquoi ? Parce qu’elle nous oblige à poser une question, et pour moi une question qui oblige à poser d’autres questions, et à nous remettre en question, ce n’est pas tellement la réponse qui importe, mais la mise au travail. Qu’est-ce qui nous met au travail ?
Que veut dire être intelligent ? Est-ce que nous choisissons le critère d’intelligence qui nous caractérise, par exemple, une intelligence basée sur le langage, sur la catégorisation, etc... Forcément, nous serons les plus intelligents, parce que nous aurons choisi les critères dans lesquels nous excellons, et qui nous ont aidés à définir l’intelligence.
Mais si on choisit une autre définition de l’intelligence. Si on dit, par exemple : «Etre intelligent, c’est être capable d'être très attentif aux autres, de se laisser influencer par eux». Ce n’est plus, évidemment, tout à fait dans nos critères. Je parle ici de nos critères contemporains et occidentaux. Qui ne seraient pas, probablement, les critères d’autres cultures. Si on choisit ce critère-là, «être attentif aux autres», je me demande si un cochon ou un chien ne sont pas plus intelligents que moi. Et si l’intelligence consiste à lire des odeurs, ou à composer avec les vents, ou à sentir le magnétisme, je crois que d’autres espèces sont plus intelligentes que nous.
(intégralité de l'article : ici

Elle résume bien les choses, à mon sens... 
Est-ce que l'intelligence, l'humanité, ce n'est pas aussi être capable de s'ouvrir aux autres et à leur différence ?


samedi 24 septembre 2016

En équilibre

En équilibre
sur un fil de soie puisque le fil du rasoir plus classique est aussi plus coupant
respirer pour être libre
d'exister
d'être enfin toi-même
                    entièrement
                        espace et temps rassemblés dans l'instant
                    et lentement
t'ancrer corps et âme
t'enraciner
dans le présent et
pas à pas au rythme un-deux-trois un-deux-trois de ton propre souffle avancer
En équilibre
 




mardi 20 septembre 2016

"..."

Les "..."
Trois petits points, tout et rien
Tu vois où je veux en venir, je ne sais pas quoi dire
Sous-entendu, dialogue interrompu
Agaçant, trop facile, inutile, et pourtant
Les "..."
Sont des silences sans musique, des souffles allégoriques,
Des ponts nés de nos ombres, des fenêtres ouvertes sur nos mondes
Les "..."
Trois soupirs pour se tenir
à distance des ondes parasites
chaotiques
Trois petits points pour les liens
entre le visible et l'invisible
entre 
toi et moi







vendredi 9 septembre 2016

Le Livre sur la place



Premier salon de la rentrée! Je serai, dès demain matin, au salon Le Livre sur la place, à Nancy. Vous me trouverez donc tout le week-end sur le stand de la librairie L'autre rive (jeunesse) aux côtés de Jean-Baptiste de Panafieu, qui présentera en avant-première son roman L'Eveil (Gulf Stream).

Pour obtenir plus de renseignements : cliquez !






jeudi 25 août 2016

Liberté, oppression, domination

Quand j'ai réfléchi au synopsis de Sang-de-Lune, j'avais en tête d'évoquer la condition des femmes au Moyen-Orient, la pression sociale et religieuse, insupportable, qui rampe  et s'insinue partout. J'ai vite compris que ce n'était pas la bonne manière d'aborder le problème, que c'était à la fois bêtement polémique et réducteur. 

La domination, l'oppression, la violence intégrée dans le système même de la société n'ont pas besoin d'intégrisme pour exister. Il lui suffit d'un autre (dont il ne comprend pas le fonctionnement, ou qui a simplement une couleur de peau différente, etc.)  pour avoir peur. Et, pour maîtriser cette peur, de haïr, d'écraser. 
Dans Sang-de-Lune, il n'y a pas une seule fois écrit le mot "religion", parce que ce n'est pas le problème (plus exactement, c'est un problème universel de monothéisme mal digéré, imposé, récupéré par des individus en mal de volonté de puissance). Et tous les exergues qui ouvrent les chapitres, comme la majorité des textes de lois présents dans le récit, sont tirés de L'Essai sur les femmes, d'Arthur Schopenhauer (que l'on présente, soit dit en passant, en fac de philo, comme un type brillant, cynique, qui ne s'en laissait pas conter, lui, sur la vérité de la nature humaine, bref un type bien., voire un modèle... ) Dans ce torchon digne des esprits les plus indigents qui pullulent sur les réseaux sociaux (cf.DTC, de Klaire fait Grr), dans les médias, dans les bouches de nos politiques ["La France n'est pas un pays à prendre comme une femme" (Fillon), "Allez, enlève tes boutons!" un député à Duflot, en robe et plus généralement Et sinon je fais de la politique sur tumblr ] et bien sûr dans la bouillie religieuse recrachée par les intégristes du monde entier, on peut lire des phrases du genre : la femme est intellectuellement et physiquement inférieure à l’homme, la polygamie est naturelle et normale, il ne faut pas laisser les femmes éduquer trop longtemps les enfants parce qu’elle est limitée, la femme cherche à se soumettre à un maître, j’en passe et des meilleures.
Sang-de-Lune parle de domination masculine et de soumission à l’autorité, de la manière dont les classes dirigeantes, en désignant un ou plusieurs boucs émissaires, en imbriquant idéologie perverse et justice, asservissent un peuple. Sang-de-Lune parle aussi de la manière dont une population intègre cette violence à son mode d’être. À Alta, une femme naît coupable – et passe son existence à expier. À Alta, une femme n’a pas le droit de créer, parce que sa nature même est maléfique. À Alta, un homme n’a pas le droit de tomber amoureux, car il s’expose à la corruption féminine. Ni de défendre son épouse, si cette dernière est accusée d’un crime. Car elle l’aura cherché. 

Non, elle ne "cherche" pas.


Sang-de-Lune, c’est un reflet sinistre de notre monde – qui en cette fin d’été, me donne envie de vomir. La parole dévoyée, la culture ras-du-bulbe au service des « puissants » (laissons-leur cette forme-ci, peut-être la seule qu’ils aient), la peur de l’autre au service de la manipulation des masses (désolée, les masses, là je n’avais pas d’autre terme), l’appel à la haine, aux ratonnades (cf. Corse)… et, au centre, une fois encore, l’oppression et l’humiliation des femmes.

Parce que c’est exactement ce que montre cette photo qui fait le tour du web : une bande de pervers prenant plaisir à humilier des femmes. Et si vous croyez, chers lecteurs, chères lectrices, qu’elle l’ont bien cherché, après tout nous sommes dans un pays laïque*… Eh bien, vous avez tout compris ! Pardon, vous avez TOUT COMPRIS DE LEUR RAISONNEMENT bas du bulbe… C’est exactement le même que… Allez, je vous laisse deviner : « elle l’a bien cherché »…   (cf. le lien ici) La fille était en mini… « Si elle ne voulait pas se faire agresser, fallait pas se balader à poil ». Voilà. Vous avez saisi leur raisonnement.
Le burkini, la mini, même combat : une provocation. Coupable, celle qui ose mettre un burkini pour aller se baigner, coupable celle qui ne s’est pas remise des Courrèges 70ies**. L’agression, mâle, avec la complicité, la passivité de leurs concitoyen-nne-s, est la même. L’humiliation également. Celle de devoir se dévêtir publiquement, celle de devoir répéter 15 fois à des flics goguenards comment X vous a glissé la main entre les cuisses***. 


Elle non plus. Elle est juste grave fan des rayures.
Pour en revenir à mon nombril et à Sang-de-Lune. J’espère que ce récit, destiné aux ados et YA mais pas que, posera des questions, ne s’arrêtera pas au seuil de « certains pays » **** où les femmes sont des esclaves, et permettra d’ouvrir des portes sur des réflexions liées à nos sociétés occidentales dans leur rapport aux femmes et à l’Autre, à la manière dont on finit par contraindre les esprits à accepter l’inacceptable, à en faire une norme.
Oui, c’est ambitieux. And what else ? 



*mais oui, mais oui… et qui s’est vanté d’être nommé chanoine par un ex-pape ? Mmm ? Qui permet à des catholiques intégristes de manifester contre l’IVG, contre le mariage gay ? Mmmm encore… (désolée, Jeanne A. Debats, je te pique des *)
** Par exemple, ado, je portais TOUJOURS des mini, mais je n'avais pas pour autant envie qu'un malade incapable de gérer sa libido me tombe dessus. J'adore toujours les mini, et je ne "cherche" toujours pas... 
***C’est ce qu’on appelle la culture du viol, hein… Au passage, le mariage forcé, le viol conjugal, et toutes ces joyeusetés qui y ont contribué, ne sont pas nés avec les premières vagues d’immigration du XXème siècle. Ils existaient bien avant. Ils continuent d’exister. Et le comportement immonde de ces flics laissent penser qu’ils ont encore de beaux jours devant eux.
**** Mais pas le nôtre, hein… Alors, oui, ok, on a vachement de chance par rapport aux femmes iraniennes ou syriennes… mais on en a aussi vachement moins  que les Suédoises… et ce n’est pas de la chance, bordel. Ce sont des droits acquis de haute lutte, dans la violence, et qui sont sans cesse remis en question. Et certainement pas suffisants.