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vendredi 16 décembre 2016

Après des années...

... il suffit d'animer un atelier d'écriture, de décider de relever un défi (ici, écrire un slam avec "marron" et "bleu"), pour que certains souvenirs, certaines émotions affleurent... Le plus difficiel est de leur permettre de s'exprimer. 

Après des années...

Il y a dans ton regard du désespoir c'est certain
Tu t’égares dans le passé pour pas penser aux lendemains
De solitude et d'errance, de lenteur et d'impuissance.
Captive d'un corps friable, d'un corps de souffrance,
D'un corps faible, haïssable, parce qu'il te trahit,
Toi jadis si forte, tu te supportes plus ainsi.
Tu dépéris, tu te dis chaque soir "cette nuit, c'est fini",
T'espères ne plus te réveiller, pouvoir enfin te reposer,
Débarrassée du poids de ta vieillesse, et t'envoler 
Vers le bleu étincelant d'un ciel d'éternité.
Moi, je refuse de croire que dans tes yeux marron
C'est de la rage qu'il y a et la haine d'une prison,
Dont tu peux t'évader que d'une seule façon:
Tu sais, l'amour rend aveugle, et parfois vraiment con.
Un jour tu trébuches, tu t'effondres, ta carcasse
Te lâche encore une fois et se fracasse
Sur le sol froid du salon. T'as mal, t'as les poings serrés
Tu n'appelleras pas, tu couleras sans résister.
Tu reprends conscience dans une chambre d'hôpital,
Avec vue sur la télé ou le ciel hivernal.
T'aurais préféré que ça se termine autrement,
Quelque part tu t'en fous, tu sens que c'est maintenant
Le moment de lâcher prise, t'as tous les éléments,
Pour abandonner le présent, et courir avec le vent. 
Il m'a fallu du temps, tu vois, pour  arrêter d'angoisser 
Quand vient le moment des fêtes de fin d'année,
Pour comprendre ce sentiment de tristesse lancinant,
Qui s'agrippe à moi de Noël au jour de l'An. 
T'es partie, c'est pas grave, c'était ce que tu voulais,
Être libre de planer, invisible, près de ceux qui t'aimaient,
Qui t'aiment toujours et se souviennent de toi,
Telle que tu es dans leur cœur, que tu étais autrefois.















jeudi 15 décembre 2016

Le Jour où je suis partie

J'attendais que l'image de couverture soit disponible sur le Net pour vous en parler... Et voilà! 



"C’est là-bas que je dois aller. À Rabat. Pour fuir ce mariage dont je ne veux pas. Pour rejoindre ces femmes, et marcher à leurs côtés en mémoire de mon amie."
Tidir rêve de liberté. Courageuse et déterminée, elle quitte son petit village près de Marrakech pour participer à la marche des femmes à Rabat...

Ce roman sort le 4 janvier prochain, aux éditions Flammarion. C'est un texte auquel je tiens particulièrement, en raison de ses principaux thèmes, l'émancipation, le féminisme, l'amitié,  évidemment mais aussi parce qu'il parle du Maroc, ma terre de cœur. Et particulièrement de la région du Souss, où commence le roman. 

Vous pouvez en lire le début sur ce lien

lundi 5 décembre 2016

Lectures de novembre : ailleurs et ici

Il y en a eu trois tonnes, comme d'habitude. Ce n'est pas ma faute, c'est juste que... Bref. On s'en fout, n'est-ce pas ? L'important, c'est le contenu.

Paru dans la nouvelle collection de Scrinéo, dirigée par Stéphanie Nicot, un récit de space-op. On y suit d'un côté une jeune Explo, Luu Ly et ses compagnons, en quête de nouveaux Seuils pour l'expansion de la Fédération ou de L'Empire (qu'importe pourvu qu'il y ait des crédits à la clef). De l'autre, Stella, psycho-éthologue et son stagiaire Lonxto,  doué d'empathie. Tous deux sont employés par la Fédération pour analyser le comportement des races sentientes. Non pour communiquer et développer de nouvelles alliances... mais pour les détruire - par mesure de sécurité. Roman extrêmement riche,  Les océans stellaires pose les jalons d'une réflexion sur notre rapport à l'autre, qu'il soit humain, clone ou radicalement différent . C'est, en tous cas, l'aspect qui m'a le plus touchée dans cette histoire - l'utilisation d'être sensibles (Lonxto et son amie) comme instruments de guerre (ce qui n'est pas sans rappeler le pilotage des drones à distance par des soldats, émotions en moins) et la destruction systématique de ce qui ne nous ressemble pas... spécisme oblige. 
Une très belle découverte !
Acheté l'an dernier, lu cette année, cet essai du génial Michel Terestchenko dont Un si fragile vernis d'humanité avait agi pour moi comme un révélateur. Ici, il est question d'humain et de politique, de la manière dont se déconstruisent les identités de ceux tentés par le djihad et la manière dont  le monde occidental, croyant lutter contre le terrorisme, ne fait que que le renforcer, au prix de torture et/ou de lois liberticides (suivant hélas, d'ailleurs, les propos tenus par Ben Laden sur la manière dont il envisage la fin de l'occident : des sociétés devenues tyrannies étouffantes où il devient impossible de vivre.)
Une superbe et alarmante réflexion sur nos sociétés, occidentales et moyen-orientales, et sur les monstres qu'elles engendrent.