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lundi 17 avril 2017

Demain, l'année prochaine, et après...


Si l'amour de l'humanité est impuissant à faire sonner l'heure libératrice à l'Horloge fraternitaire - heure où le crime n'aura plus de place -- l'indignation s'en chargera.
Louise Michel.

Hier, j'ai répondu à un test en ligne, genre : "qui est votre candidat?"... via un lien du blog Le Monde. Le souci n'étant pas le résultat (sans surprise...), mais les questions posées - à commencer par celles sur l'immigration (pour ou contre accueillir des réfugiés...) et les fonctionnaires (vous en voulez plus ou moins ?) m'ont laissé un goût étrange dans la bouche.

Il y a quelques jours, on discutait en famille du fait que la France était déjà acquise aux discours lepénistes et réactionnaires, que le pire des dangers pour demain était non pas Marine mais Macron, ce questionnaire quelque part en était la preuve, à la fois indécente et grossièrement masquée. 
Franchement, l'immigration, faut arrêter de faire comme si c'était le sujet le plus important du monde. Nous sommes tous des enfants d'immigrés, à une, deux, trois, quatre générations ou plus..
"Fonctionnaire" - le mot a le don de faire bondir, depuis 20 ans (ou plus ?) ceux qui "s'échinent", qui "en chient" pour rapporter chaque mois de l'argent au foyer, les cadres du privé, les patrons et, de manière générale, ceux qui assimilent "fonctionnaire" et "lenteur administrative", "prof" à "fainéant" et j'en passe... 
Ce que je me demande, c'est pourquoi la question n'a pas été posée d'une autre façon : plus ou moins de personnel soignant dans les hôpitaux (un clic sur Google "hôpitaux", "personnel soignant", moins d'un mois suffit) ? De professeurs dans les écoles et les lycées ? De police de proximité ? 
Tout de suite, ça a une autre allure, non ? 
Au total, dix-huit questions - et pas une fois la problématique de l'écologie pensée et abordée de façon franche : pour ou contre le nucléaire... certes. Et ? Et "pensez-vous que la sauvegarde de l'environnement  est importante" ou n'importe quelle autre interrogation qui pose véritablement la question  - au lieu de la limiter au nucléaire (qui est en soi une catastrophe , mais aussi un élément bien pratique pour occulter le reste du problème...) 



Si je continue sur mon analyse (qui vaut ce qu'elle vaut, hein...), je me rends compte qu'en dehors du point sur la PMA (entre celui sur l'Europe et celui sur la loi El Khomri... ou pas, je ne sais plus), il n'y avait pas grand-chose de fondamentalement humain là-dedans... ou en tous cas, pas grand-chose qui faisait réellement écho à ce qui m'importe, aujourd'hui : le respect.

Cette notion de respect, bien loin du kantisme de base (n'en déplaise à Macron qui est philosophe comme moi championne de tennis), n'est pas liée à la peur... mais à la bienveillance.

- Bienveillance envers l'autre - être humain : c'est une personne, non un esclave, non une machine à produire à la merci de ses employeurs ; c'est un individu singulier, libre d'exister tel qu'il l'entend (deviens qui tu veux, aime qui tu veux) ; c'est un autre qui, s'il/elle est mon égal/e, mon frère/ma sœur, doit avoir accès aux mêmes possibilités que moi (être soigné, faire des études, être heureux...), ne doit pas subir de violences par ce qu'il est différent (couleur de peau, sexe, etc.). 

Ici, quelques liens sur la position des candidats:
- sur des questions d'égalité hommes-femmes : terrafeminaslate, slate bis...
- sur la loi El Khomri et le Code du travail : Europe 1 (j'adore Fillon et ses 44 heures, si elles sont fictives, moi je veux bien...), La Croix, et Regards
 - sur la santé : L'avenir en commun, again, en marche (à mourir de rire : les 40 000 étudiants de santé qui devront consacrer 3 mois de leur temps... non rémunéré... à faire de la prévention - ou comment exploiter plus pour payer moins), les autres programmes sont ici

- Bienveillance envers l'autre  - animal : c'est une personne (un être sensible aux yeux de la loi), non un objet d'expérience ni un steak/pilon/ manteau en série (cf les reportages de L214, sur les maltraitances dans les élevages ou/et dans les abattoirs), ce n'est pas non plus un jouet que l'on abandonne ni un trophée.
A ce propos, je voudrai ici mettre un lien vers les positions des présidentiables, telles que recueillies et notées par L214, ainsi que quelques extraits (j'essaie d'être neutre, hein...)

Jean-Luc Mélenchon : souhaite « éradiquer la maltraitance envers les animaux ». [...]concrétise cet engagement à travers des propositions audacieuses sur le Droit animal (inscription dans la Constitution du respect dû aux animaux, politique nationale de stérilisation...), la chasse (il est le premier candidat à répondre au collectif du 21 septembre : instauration du "dimanche sans chasse", la cavalière que je suis dit yeaaaaah), l’expérimentation animale  et l’élevage (interdiction de l’élevage en batterie, de l’abattage sans étourdissement, réduction de la part des protéines carnées, normes exigeantes dans les abattoirs...)... 

Emmanuel Macron [...] affiche clairement son indifférence à la souffrance des animaux. Favorable aux chasseurs, volonté de réouvrir les chasses présidentielles, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), au développement de l’élevage intensif et d’un modèle tourné vers l’export, à l’assouplissement des quotas de pêches… l’ensemble des orientations du candidat constituent un véritable recul. [...]Emmanuel Macron va d’ailleurs jusqu’à afficher devant la FNSEA un certain mépris pour les associations de protection animale

François Fillon  [...] Hormis une opposition à l’abattage sans étourdissement et une réponse en faveur de la reconnaissance de la sensibilité des animaux sauvages, ces déclarations de principe semblent bien éloignées de ses engagements. [...]appui marqué au gavage, à la corrida et à la chasse (faible encadrement, intervention des chasseurs dans les écoles, intégration du Président de CNPT dans son équipe de campagne, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), à l’élevage intensif (abaissement des normes, aides publiques, soutien à l’export...) et à l’affaiblissement de l’encadrement des quotas de pêche démontrent un désintérêt réel du candidat pour la protection des animaux

Benoît Hamon souhaite garantir le « respect des plus hautes exigences en matière de bien-être de l’animal, en toutes circonstances, et sans exception ». Cet engagement se décline par des mesures concrètes (mise en oeuvre des préconisations de la commission d’enquête sur les abattoirs, disparition progressive de la détention des animaux dans les cirques, politique nationale de stérilisation...) et des orientations plus vagues [...] “commission de dialogue” sur l’abattage sans étourdissement, [...] critique de chasses dites “traditionnelles”, des chasses présidentielles et des lâchers d’animaux). Benoît Hamon semble cependant chercher le soutien des chasseurs ...

Pour lire les propositions des 11 candidats, cliquez sur ce lien - c'est très intéressant. Pour moi, au-delà du bien-être animal, cela montre aussi un autre visage des candidats (mépris de classe, spécisme - ou non... en matière de respect, ça se pose là)

  - Bienveillance envers l'autre  - terre : c'est plus compliqué d'évoquer cette notion de respect et de bienveillance envers la planète sans tomber dans un excès mystique... Enfin, ça ne me dérange pas d'être mystique, mais vous qui me lisez, vous n'avez peut-être pas très envie de ça ?

Pour parler de façon plus brutale :
*Nous sommes engagés depuis 150 ans dans la 6ème extinction massive des espèces - et cette extinction, c'est l'homme qui la provoque, par l'industrialisation, la pollution massive - pesticides, nucléaire, gaz de schiste, etc.
* Cette extinction va de pair avec un réchauffement climatique qui est de plus en plus problématique : 2°C en 2008, on espère aujourd'hui maintenir 4°C de réchauffement ? Ce que cela signifie : désertification, disparition de terres, famine, guerres pour de l'eau, etc. (à lire : ici et )
*A échelle du monde, nous faisons aujourd'hui face à une bande de tarés, climato-sceptiques, viandards, ultracapitalistes (fermes d'élevage industriel, gaspillage des richesses, élevage intensif, modifications génétiques sur plantes et animaux, etc.) qui n'ont qu'un but : l'entassement de richesses... Monsanto, Trump, Poutine n'en sont que des exemples. Si aujourd'hui, rien n'est lancé en Europe pour changer la donne, pour lutter contre ça... je ne veux même pas imaginer ce que sera la France, demain.
*A échelle de la France, d'ailleurs :  le nucléaire est une catastrophe (enfouissement des déchets, centrales de plus en plus fragiles), les lobbies de l'inbdustrie agro-alimentaire exploitent et compressent les agriculteurs, leur imposant des normes absurdes et encourageant aussi bien l'utilisation excessive de pesticides que la production massive et excessive (bétail, poulets, etc.) - moralité, on mange de la merde nourrie aux hormones et aux antibiotiques, on respire de la merde et on développe des maladies, des allergies, les abeilles disparaissent (et qui dit plus d'abeilles dit plus de fleurs, plus de jardins... bref...)
Parmi les candidats à la présidentielle, si Jadot et Hamon ont une vraie force de proposition, ils sont desservis selon moi par leur passif et le poids du PS, nullissime au niveau écologie, avec des ministres incompétents, à la botte des lobbies (chasse, nucléaire, etc.). Le seul à proposer un changement complet et en profondeur est Mélenchon, le candidat de la France insoumise. Voici quelques entretiens avec les présidentiables réalisés par WWF : ici, les analyses de Greenpeace : (macron), (Fillon)et (Mélenchon)
 






Perso, je n'ai pas d'enfants - j'ai mal à chaque fois que je lis un article sur le réchauffement, sur la disparition d'une espèce et l'avenir  de la planète, mais rien de plus. J'ai la chance d'avoir des soutiens familiaux, et je ne suis pas certaine que l'élection de Fillon, Macron ou Le Pen change beaucoup mon quotidien économique (écologique, si... mais bon...)
Dans 40 ans, je ne serai plus là, et je ne leur lèguerai pas un monde qui part en sucette, une terre ravagée, où les hommes sont à peine mieux traités que les animaux qu'ils bouffent - en esclaves, en machines. 
Une terre sans espoir. 
Sans bienveillance.
Sans respect. 

Pourtant, je ne crois pas que ce soit utopiste, bisounours, irréaliste de voter pour que cette notion fondamentale soit mise en œuvre dans notre société. 
Pourtant, je ne crois pas que ce soit utopiste, bisounours, irréaliste de voter pour que notre société se transforme, devienne porteuse d'espoir et non de mort.





dimanche 26 mars 2017

A NEW HOPE



Non, je ne vais pas vous parler de Star Wars. Enfin, si, un peu, forcément. Mais surtout d'espoir et d'engagement, de long et court terme. 
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les dictatures se nourrissent d'abandon et de résignation, plus encore que de conformisme et d'individualisme. "Soyons réalistes, jamais...", c'est LA phrase qui permet au capitalisme de ronger l'espoir et la pensée, de broyer les rêves et les horizons possibles. A quoi bon, de toute façon ? C'est aussi LA phrase qui permet à l'Empire d'étendre son règne de terreur dans la galaxie... 



Voilà. La peur, la haine, le  pessimisme sont les émotions qui servent le côté obscur de la Force. Et quand on gratte, au-delà de la dualité lumière*ténèbres et bien*mal de la saga, on s'aperçoit que c'est tout sauf naïf, que cela met en lumière des mécanismes de manipulation politique (et médiatique), auxquels on se soumet presque sans y penser. On est habitués à croire que ce n'est "pas possible", que "l'humain est égoïste", que "c'est la loi du plus fort... ou du marché", qu'il faut "être réaliste" (mais c'est quoi, réaliste, sinon accepter de jeter ses rêves à la poubelle, de se soumettre au règne des plus riches, de cantonner au vote utile juste pour continuer à se voiler la face... ), ne pas "se faire remarquer", être modéré en tout, que "la majorité des Français"  est comme-ci ou comme ça, le pire, en général - ce qui permet de toujours tirer l'information vers le bas.
Et on en oublie  nos idées, nos valeurs, notre humanité.  

Pourtant, elles ne sont pas si difficiles à retrouver.


Un exemple ? L'Empereur est tellement persuadé de la nature égoïste et avide de Darth Vador qu'il en oublie l'essentiel - c'est le père de Luke, un ancien Jedi, capable d'aimer. Ce "manque de vision" lui coûtera la vie...


Quant à Vador, il redevient Anakin et meurt en regardant son fils "sans masque", avec ses "vrais" yeux, pour la première fois... 
En tous cas, réfléchir, espérer, et surtout, oser prendre le risque de changer les choses, cela ne me paraît pas si irréaliste que cela...  Et ce n'est peut-être pas un acte de rebellion, mais c'est au moins faire le premier pas vers "un nouvel espoir" (on y revient)!


 

lundi 13 mars 2017

Point de fuite

Petit poème en prose.

Pas de perspective sur cette rive abandonnée, Ariane sans fil rouge pour me raccrocher 
au monde, je décide de me lever. Déterminée je marche vers l'horizon de mes rêves et la grève poissée de larmes s'éloigne lentement, point de fuite d'où je pars, point de fuite où s'enferre mon regard si je ne prends pas garde au trou noir qui appâte ma vision. Trouver un sens,aller quelque part, point de fuite pour qui s'y laisse piéger, piège de raison, de perception étroite d'un infini effrayant. J'ouvre mon âme, j'embrasse l'errance et je m'en vais dans le soleil rouge de l'été. 

(Pour Jessica M.)


samedi 4 mars 2017

Quelques jours avec toi


Le long des chemins
Emportés par les bourrasques
Juste toi et moi

Dans l'or du matin
Le vert des premières feuilles
Juste toi et moi

Près de l'infini
Dans un bleu scintillement 
Juste toi et moi

Jusqu'au bout du monde
Chaque fois que tu voudras
Seuls ou... avec eux ?



Merci à Virginie, qui a initié le voyage et à Christine, qui l'a rendu possible.

jeudi 16 février 2017

Demain... Hier...

Liste des nouveaux délits : aider son prochain, assister une personne en danger,  écrire ce que l'on pense, le diffuser, donner de l'argent à un SDF, héberger un humain en détresse, manifester, dire non, porter plainte en cas de violences subies, de violences sexuelles, de viol - on l'a cherché, toujours -, lever la tête, ne plus courber l'échine. La liste est longue, n'est-ce pas ? 

Hier, j'ai passé une journée en cellule. Le temps que l'appartement soit fouillé. Épluché. Dévasté. De six heures du matin, heure fracassante où ils sont entrés comme des furies - ici, pas besoin de demander l'autorisation, hein, et puis c'est l'état d'urgence, alors... - jusqu'à vingt heures, moment magique où m'ont été rendues mes affaires, même si l'évidence de la fouille m'a laissé un goût amer, une impression de souillure. Pas pire que celle que j'ai subie à mon arrivée au poste, j'imagine. Mais j'y étais préparée, d'une certaine façon. mon corps s'y était préparé. Une douche, et rien ne subsisterait. Non, ce qui est terrible, c'est cette intrusion, dans ma sphère privée, ma vie, mes idées.
Sur le chemin du retour, je cours, je fonce dans le métro. Contrôle d'identité, cette fois je passe au travers, ce n'est pas moi qu'on arrête, pas assez basanée. 
Au commissariat, ils ne m'ont rien demandé. Pas d'interrogatoire, pas de question. Mais je sais pourquoi ils m'ont traînée là-bas : je suis fabricante d'ordures, et d'ordures déplacées qui plus est. Dans mes romans, je parle de révolte, d'émancipation, de liberté.
Je rentre à la maison, le cœur battant, la gorge nouée. Surprise, ma porte est fermée. Une voisine bienveillante s'en est occupé- mais l'appartement tout entier est saccagé. 
Les livres, surtout, ont été jetés sur le sol, piétinés avec une rage mauvaise. Les neufs, les vieux, les souvenirs, les cadeaux. 
Il est temps de partir. De quitter ma ville, ma région, mon pays peut-être - même si ça me fous en rage, même si je n'ai qu'une seule envie, me battre, me battre, me battre contre les fous dangereux, les impunis, les injustes qui altèrent notre monde, notre humanité. Mais nous sommes si peu nombreux... Ils sont légion.

Les arrestations de terroristes - entendez, opposés au gouvernement, défenseurs de la terre, défenseurs du vivant - se multiplient. Les disparitions, également. Je songe aux totalitarismes qui ont gangrené le dernier siècle, je songe aux critiques étonnées - "pourquoi n'ont-ils pas réagi", "comment ont-ils pu", "ils devaient bien se douter quand même", et je me dis que nous sommes exactement comme eux, parce que nous n'y avons pas cru, parce que nous avons eu peur, paerce que nous étions fatigués, ous avons laissé l'horreur s'installer, avec sa chape de plomb faite de haine et de méfiance, de mensonges et de violence.
Nous non plus, nous n'avons rien vu venir. 
Et quand nous avons ouvert les yeux, il était trop tard. 

#Theo
#DelitDeSolidarité 
#Insoumis





dimanche 12 février 2017

PRIX SAINTE-BEUVE

Le prix Sainte-Beuve, c'est quoi ? Une invitation à la lecture et au développement de l'esprit critique, destiné aux collégiens de 4ème et 3ème du Pas-de-Calais. Comment ça se passe ? Dix romans différents par le genre, le style, présentant des thématiques communes cependant, sont proposés àn la lecture. Les élèves participant au prix choisissent de défendre le texte qu'ils ont préféré - à l'oral ou/ et à l'écrit. Le jury est composé du fondateur du prix, Pierric Maelstaf, d'un ou plusieurs membres de son équipe, d'une comédienne ou d'un comédien, d'un critique et d'une autrice ou d'un auteur ayant écrit l'un des récits de la sélection. Vous pouvez trouver plus de renseignements ici.

un exercice de questions et réponses organisé comme une émission littéraire
Pour moi, bien qu'éprouvant physiquement (beaucoup d'allers et retours en train et en voiture, plus un imprévu puisque Là Où tombent les anges a reçu dans la foulée le prix Gayant Lecture de Douai), ces six jours ont été une très belle expérience humaine. 
Des rencontres, d'abord. Celle de Pierric, qui se bat pour développer l'envie de lire et l'autonomie intellectuelle d'adolescents que l'on sous-estime bien trop souvent. La maturité de leurs critiques, dans l'ensemble, prouvent bien le contraire (n'en déplaisent à certains...)


Celle d'Anne, qui a magnifiquement lu et interprété des extraits de Là Où tombent les anges. C'était magique de voir son travail d'apprivoisement et d'appropriation du texte! Deux liens vers ses lectures : ici et .
Celle d'Hugo, qui travaille notamment dans la revue En Attendant Nadeau. Nous n'avons pas nécessairement les mêmes goûts ni les mêmes approches, mais son approche m'a permis de mettre le doigt sur quelque chose que je trouve essentiel sur son métier de critique (littéraire ou non) : la bienveillance. Il est aisé d'écrire un article sur un roman/ film/ peintre/ etc. que l'on n'aime pas, de se faire mousser par la méchanceté et la raillerie. Il est beaucoup plus difficile d'avoir une approche à la fois subjective et constructive, peut-être parce qu'une critique se met au service de l'objet critiqué et des lecteurs de l'article au lieu de considérer l'objet comme une manière de se faire mousser... Bref. J'interrogerai Hugo sur son métier d'ici quelques semaines, sur ce blog. 
Plus brève, mais tout aussi intéressante, ma rencontre avec Florence, journaliste plus généraliste, dont l'approche est sur ce point la même, puisqu'il y a selon elle une responsabilité du critique vis-à-vis du créateur et du public... 
De beaux moments d'émotions, ensuite. Jean-Christophe Tixier expliquait, lors de la remise du prix Gayant (son roman Dix minutes à perdre l'a également obtenu), que les livres d'or remis par les lecteurs, les petits mots, c'est ce qui nous permet d'avancer, ce qui nous redonne le moral quand on a un coup de blues, ce qui donne sens finalement à notre métier. 
Entendre des adolescents défendre Là Où tombent les anges, analyser le récit, les personnages, le style et les enjeux du roman (féminisme, arts, liberté, etc.) m'a profondément émue. Comme Jean-Christophe, je crois que rien que pour ça, rien que pour eux, on a envie de continuer. 

Bref. Six jours épuisants et intenses, qui peuvent également être deux ou quatre... Que je ne regrette absolument pas d'avoir fait!


dimanche 5 février 2017

INSOUMIS-E-S et PME

Tradition ou atavisme ? La gauche est "laxiste" et la droite "sérieuse", la gauche taxe les patrons et la droite les protège, l'économie de gauche est irréaliste, celle de droite ancrée dans le possible. 
(Par gauche, j'entends vraie gauche, hein... pas PS...)
Bon, en matière de droite sérieuse...



Depuis trente ans, les mêmes experts invités aux journaux télévisés servent la même salade à grands coups d'austérité, de lynchage des fonctionnaires et des assistés qui touchent le RSA sans rien faire alors qu'il y en a d'autres qui bossent, eux. c'était expliqué, et fort bien, dans Les Nouveaux chiens de garde, visibles ici... 

Quant  au "ni-ni" ou plutôt "et-et" de l'ultra-libéraliste Macron, comment dire... La faillite de ses bus soumis à la seule rentabilité et à la concurrence fait long feu : 175 employés licenciés par une compagnie anglaise installée en France. C'est ici (et on ne saurait accuser Libé de soutenir la vraie gauche, hein... cf un article qui se conclut,: "avec un Macron aussi haut, on ne voit pas comment la toute petite porte du second tour peut s’ouvrir à Mélenchon." ) Ses effets d'annonce : protéger non pas les emplois mais les salariés (euh... y a pas contradiction, là ? Et les 175 de Mégabus, ils sont protégés de quoi ?), aller plus loin encore dans la loi El Khomri, aider les indépendants et les PME - ok, mais comment ? Et comment le croire, venant d'un type sans programme, plein de promesses, soutenu par les grands groupes de presse, le Médef (cf. son discours de 2015 à La Rochelle), les banques, les actionnaires et surtout et nos deux sublimes présidents du FMI : DSK l'obsédé libéral (qui soutient probablement sa campagne avec son agence de com) et Lagarde la ricaneuse (affaire Tapie, "négligence", etc. cf ici ) Il choisit ses mots, Macron. Parle bien aux gens qui bossent comme des malades, paient des charges monstrueuses, etc. Et si je ne me méfiais pas de son arrivisme politique et de ses accointances, je pourrai même me laisser... toucher (parce qu'il dit "des choses justes"). Objectivement, ce n'est pas normal que les PME et les autoentrepreneurs soient broyés. parce que ce sont eux ses principales cibles (celles de ses discours). Mais le problème, c'est qu'il propose un système esclavagiste déguisé - où il devient normal de bosser 60 à 70 heures par semaine pour à peine un SMIC, où celui qui touche le RSA (oups, pardon, il ne lui restera plus grand-chose) est forcément un "assisté" ou un dealer), où tout sera en libre concurrence (exit je suppose le prix unique du livre) (et il y a qu'à voir ce que ça donne avec les lignes SNCF, TGV et consorts depuis qu'elles sont privatisées...) 
Sous l'apparence d'un homme jeune et réformiste, Macron est plutôt le nouveau candidat du vieux système... 
Ci-dessous, un extrait de l'analyse de deux "économistes atterrés", qui ont écrit un ouvrage décryptant ses idées/ mesures (à défaut de programme) :

"L’Etat doit continuer à donner plus de souplesse au marché du travail", assène l’ex-ministre de l’Economie ? "Une analyse de ces trente dernières années montre au contraire que 17 réformes visant à flexibiliser le marché du travail français ont été mises en place entre 2000 et 2013, sans que le chômage ne recule", rétorquent les deux auteurs. Ils rappellent au passage qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur la corrélation entre flexibilité du marché de l’emploi et niveau de chômage.
"Si j’étais chômeur je n’attendrais pas tout de l’autre", est une autre petite phrase qui exaspère les deux auteurs. "Si l’on suit le raisonnement de l’ex-ministre de l’Economie, il y aurait donc d’un côté des ‘travailleurs courageux’ acceptant un salaire faible pour travailler coûte que coûte, et de l’autre des ‘fainéants’, qui, au même salaire, préfèrent le loisir. Or à l’épreuve des faits, cette représentation du chômeur paresseux ne tient pas sauf à penser qu’il y a des périodes d’épidémie de paresse, notamment au moment des crises de 1929 et 2008", relève non sans ironie Frédéric Farah et Thomas Porcher.

J'ajouterai un truc : c'est insultant. profondément insultant pour ceux qui cherchent un emploi. Ceux qui subissent les humiliations quotidiennes des entretiens où l'on est toujours trop ou trop peu (qualifié, blanc, noir, âgé, jeune, femme, homme), où on propose à une bibliothécaire de devenir soudeuse à l'autre bout de la France ou à un conducteur de bus (Macron) de travailler comme agent d'entretien à l'autre bout de la France (à mi-temps). Et puis, quand on est au chômage, il y a le regard, le jugement des autres - bien lié d'ailleurs avec cette petite phrase de Macron "si tu ne trouves pas c'est que tu veux pas"... 
Bien sûr. On n'a jamais honte de ne pas avoir de taf. De sombrer.
Que Macron aille faire un tour à Pôle emploi, lui qui a fait l'ENA et a travaillé dans une banque, il est trop qualifié, désolé, mais s'il veut rester dans le même secteur, pas de souci, il peut essayer le comptage des billets dans un dépôt privé de Gennevilliers (note : j'ai testé, c'est du boulot d'usine et comme l'argent 'est sale, ça file des boutons).

Une des critiques les plus virulentes des économistes, se porte également sur ce qu’ils pensent être une opération menée par Emmanuel Macron pour décrédibiliser toute forme d'alternative à gauche. Des déclarations comme "toute autre politique est un mirage" ou "le FN est un Syriza  à la française" montrent selon eux, que l’ex ministre a une vision binaire du monde: "ouverture vs repli", "pro-européen vs eurosceptique", "nucléaire contre le retour à la bougie". "Ce schéma qui interdit la réflexion est clairement un danger pour la démocratie », s’inquiètent-ils.

"Un élève modèle de Bruxelles, qui suit l'air du temps"

 

Sur le bilan du ministre, les deux auteurs ne sont pas plus tendres: "Une pâle copie de ce qui s’est fait quelques années plus tôt en Italie et en Espagne", tranchent-ils. La loi Macron est en effet selon eux un duplicate de la loi italienne Libéralisation et promotion de la concurrence et de la compétitivité, conduite, elle aussi par "un gouvernement dit de gauche", celui de Romano Prodi. Le genre de réforme grégaire dans la droite mouvance d'une Europe libérale qui fait de Macron "un élève modèle de la commission européenne (...) "incapable de faire autrement de suivre l'air du temps".
Enfin, et c'est peut-être le constat la plus acerbe de l'ouvrage, au-delà des critiques sur le diagnostic et les solutions proposées par Emmanuel Macron. Frédéric Farah et Thomas Porcher lui reprochent surtout de manquer d'une grande vision industrielle pour la France. "Il est incapable d’identifier les voies d’avenir, or la transition énergétique offre des espaces d'innovations à tous les étages",regrette Thomas Porcher. "On aurait aimé qu’il se pose les vraies questions, comme, par exemple, pourquoi nous n’avons pas de géant de la téléphonie mobile en France comme Apple ou Samsung ? Il devrait challenger les chefs d’entreprises et ouvrir des voies, mettre en place un état stratège et des espaces d'innovation".

Je ne suis pas économiste, mais j'aime bien ce groupe et je vais de ce pas d'ailleurs me procurer leur bouquin.
Parce que ça m'intéresse d'avoir des arguments.
Mais bon, j'en reviens à mes moutons. Les PME et les Insoumis-e-s. Et voici ce que je veux partager avec vous :

Les Insoumis-e-s souhaitent également empêcher les licenciements boursiers dans les entreprises (I.E voulus par les actionnaires) et changer les logiques financières qui pourrissent aujourd'hui la vie sociale et salariale des travailleurs, abroger la loi El Khomri (heureusement...) qui a été IMPOSEE par le 49.3 et dont personne ne veut (ah, sinon, moi j'y suis soumise à cette loi, et mes petits camarades auteurs et scénaristes et dessinateurs aussi, elle existait même pas qu'on avait déjà les pieds dedans : ça s'appelle la précarité), un truc que j'aime bien aussi : en cas de chômage longue durée, l'état devient employeur et verse une allocation en échange d'un travail d'intérêt général, jusqu'à ce que la personne  trouve un emploi lié à sa qualif. Ah, et puis remplacer le RSI par la sécurité sociale pour les indépendants... 

Irréaliste ? Laxiste ? Non, je ne crois pas. Mais plus humain, oui. 
Et loin des banques. 

mercredi 25 janvier 2017

IVG, genre, égalité et tous ces mots qui...

... fâchent Trump, la Manif pour tous, Fillon, Les Le Pen girls (même si tata a recadré sa nièce à propos de l'IVG, d'ailleurs comme je suis sympa je vous remets le lien de #DansTonCom, la super réponse de Klaire fait grr en soutien au Planning familial...), les intégristes religieux de tous poils. Eh oui, les liens sont évidents, et les cibles semblables : "les autres (autres mœurs, autre couleur de peau, autre religion, autre sexe, etc. Et je ne vous parle même pas des autres espèces, de la chasse, de l'écologie, hein...). 
Mais, donc, là, les femmes. 
L'égalité. L'IVG. Le genre. Toussa. En fait, pourquoi ce billet ? Parce qu'hier, j'ai rencontré des classes autour des Graphiques, ma série de BD avec Stéphanie Rubini et Jaypee autour de thèmes comme le harcèlement, l’homosexualité, le genre (ben pas encore mais soon), etc. A chaque fois, les adolescents me demandent si c'est du vécu. J'explique. Oui. Non. Témoin. Plus ou moins. Un peu, beaucoup.  Arrive la question du dernier album, Secret pour secret.
Ça parle de quoi ? Ça parle d'avortement. Un sujet d'actualité, qui ne devrait plus l'être depuis le temps, mais qu'on doit toujours et encore défendre. Et la question n'est pas "est-ce que je le garde?" mais "comment je fais, pour une IVG?" Parce que je pars du principe qu'à seize ans, on a un peu autre chose à faire qu'élever un bébé - grandir, faire des études, vivre, simplement.




 Le problème de Louane, c'est qu'elle est paumée, et surtout submergée par les démarches à effectuer et la trouille de la douleur.
Voilà. J'en ai un peu parlé, hier, lors de mes rencontres. J'ai aussi évoqué, parce qu'on m'a demandé si j'avais des enfants et si j'en voulais, non pas le prétendu instinct maternel, mais le choix d'avoir ou non des enfants. J'ai expliqué qu'à un de mes amis, gay et en couple depuis des années, qui s'interrogeait sur sa légitimité de père, j'avais répondu qu'il serait sûrement un super papa, parce qu'il voulait des enfants, se sentait prêt à les assumer... et que je ferais une très mauvaise mère parce que ça ne m'intéressait absolument pas, que je n'en avais aucune envie. 
On n'a pas des enfants par convenance, mais par choix, peu importe qu'on soit hétéro ou pas
Ce qui nous ramène à l'IVG, non ? 
Ce qui m'a frappée, hier, c'est à quel point les mentalités se sont ouvertes ces dernières années. Parmi les ados, en tous cas. Même s'il y a de bons gros relents d'homophobie, parfois - ce sont plutôt des cas isolés. On ne me demande plus en ricanant si j'ai déjà embrassé une fille, et quand je lis les anecdotes relatées par Jeanne-A. Debats sur ses collégiens, je me dis que le monde change - en mieux pour plein de trucs. 
 Est-ce que la Manif pour tous, les extrémismes de droite, ne seraient pas chez nous les derniers sursauts d'une pensée délétère et moribonde, qui tente ses derniers coups d'éclat/ état  (et les réussit parfois...) ? 


En attendant, Secret pour secret est sorti il y a dix jours... Et je suis fière qu'il contribue à sa manière à défendre les droits des femmes, la liberté de disposer de son corps et de sa vie.
#MonCorpsMonChoix
#TogetherWeRise #OneWomansRiot #iCantkeepquiet


 



dimanche 15 janvier 2017

Je voudrai...

Je voudrai d'un souffle disperser tes peurs
D'une caresse effacer tes fêlures

Je voudrai d'un mot chasser tes malheurs
D'un seul baiser refermer tes blessures

Et puis t'offrir
Une pluie d'étoiles
Pour t'aider à rêver,
Aimer sans réserve,
Et puis danser

Avec le soleil.
Et la vie.
Libre.


💗


mercredi 4 janvier 2017

Aujourd'hui, c'est sorties!

Secret pour secret, nouvel opus de la collection Les graphiques, d'abord! Avec un nouveau dessinateur : mon cher ami Jaypee. De quoi est-il question, ici ? D'un sujet qui me/ nous (Jaypee, P. Grieco, moi...) tient particulièrement à cœur : l'IVG (cf mes nombreux billets de blog sur ce thème au fil du temps...).


Voilà Lucas. Lucas et ses yeux de chien battu. Lucas et ses mains moites, ses baisers trop mouillés. Lucas, qui n'a toujours pas compris qu'entre nous c'est terminé. Dégage, Lucas. Disparais ! Fous-moi la paix ! D'habitude, en soirée, je danse, je m'éclate. Ça me permet d'oublier les semaines en solitaire, le silence étouffant de cet appartement trop grand. Là, c'est le contraire. Je me sens étrangère. Pas intégrée. Désintégrée. 

Chronique en avant-première : ici

Autre sortie : Le Jour où je suis partie, chez Flammarion jeunesse. Autre sujet qui me tient à cœur (féminisme, émancipation...), dans un pays de cœur (le Maroc). 

"C’est là-bas que je dois aller. À Rabat. Pour fuir ce mariage dont je ne veux pas. Pour rejoindre ces femmes, et marcher à leurs côtés en mémoire de mon amie."
Tidir rêve de liberté. Courageuse et déterminée, elle quitte son petit village près de Marrakech pour participer à la marche des femmes à Rabat. Au cours de son périple, la jeune femme doit faire face au mépris des gens et apprend à assumer son statut de femme libre...

Chronique de Mélisande :