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lundi 17 avril 2017

Demain, l'année prochaine, et après...


Si l'amour de l'humanité est impuissant à faire sonner l'heure libératrice à l'Horloge fraternitaire - heure où le crime n'aura plus de place -- l'indignation s'en chargera.
Louise Michel.

Hier, j'ai répondu à un test en ligne, genre : "qui est votre candidat?"... via un lien du blog Le Monde. Le souci n'étant pas le résultat (sans surprise...), mais les questions posées - à commencer par celles sur l'immigration (pour ou contre accueillir des réfugiés...) et les fonctionnaires (vous en voulez plus ou moins ?) m'ont laissé un goût étrange dans la bouche.

Il y a quelques jours, on discutait en famille du fait que la France était déjà acquise aux discours lepénistes et réactionnaires, que le pire des dangers pour demain était non pas Marine mais Macron, ce questionnaire quelque part en était la preuve, à la fois indécente et grossièrement masquée. 
Franchement, l'immigration, faut arrêter de faire comme si c'était le sujet le plus important du monde. Nous sommes tous des enfants d'immigrés, à une, deux, trois, quatre générations ou plus..
"Fonctionnaire" - le mot a le don de faire bondir, depuis 20 ans (ou plus ?) ceux qui "s'échinent", qui "en chient" pour rapporter chaque mois de l'argent au foyer, les cadres du privé, les patrons et, de manière générale, ceux qui assimilent "fonctionnaire" et "lenteur administrative", "prof" à "fainéant" et j'en passe... 
Ce que je me demande, c'est pourquoi la question n'a pas été posée d'une autre façon : plus ou moins de personnel soignant dans les hôpitaux (un clic sur Google "hôpitaux", "personnel soignant", moins d'un mois suffit) ? De professeurs dans les écoles et les lycées ? De police de proximité ? 
Tout de suite, ça a une autre allure, non ? 
Au total, dix-huit questions - et pas une fois la problématique de l'écologie pensée et abordée de façon franche : pour ou contre le nucléaire... certes. Et ? Et "pensez-vous que la sauvegarde de l'environnement  est importante" ou n'importe quelle autre interrogation qui pose véritablement la question  - au lieu de la limiter au nucléaire (qui est en soi une catastrophe , mais aussi un élément bien pratique pour occulter le reste du problème...) 



Si je continue sur mon analyse (qui vaut ce qu'elle vaut, hein...), je me rends compte qu'en dehors du point sur la PMA (entre celui sur l'Europe et celui sur la loi El Khomri... ou pas, je ne sais plus), il n'y avait pas grand-chose de fondamentalement humain là-dedans... ou en tous cas, pas grand-chose qui faisait réellement écho à ce qui m'importe, aujourd'hui : le respect.

Cette notion de respect, bien loin du kantisme de base (n'en déplaise à Macron qui est philosophe comme moi championne de tennis), n'est pas liée à la peur... mais à la bienveillance.

- Bienveillance envers l'autre - être humain : c'est une personne, non un esclave, non une machine à produire à la merci de ses employeurs ; c'est un individu singulier, libre d'exister tel qu'il l'entend (deviens qui tu veux, aime qui tu veux) ; c'est un autre qui, s'il/elle est mon égal/e, mon frère/ma sœur, doit avoir accès aux mêmes possibilités que moi (être soigné, faire des études, être heureux...), ne doit pas subir de violences par ce qu'il est différent (couleur de peau, sexe, etc.). 

Ici, quelques liens sur la position des candidats:
- sur des questions d'égalité hommes-femmes : terrafeminaslate, slate bis...
- sur la loi El Khomri et le Code du travail : Europe 1 (j'adore Fillon et ses 44 heures, si elles sont fictives, moi je veux bien...), La Croix, et Regards
 - sur la santé : L'avenir en commun, again, en marche (à mourir de rire : les 40 000 étudiants de santé qui devront consacrer 3 mois de leur temps... non rémunéré... à faire de la prévention - ou comment exploiter plus pour payer moins), les autres programmes sont ici

- Bienveillance envers l'autre  - animal : c'est une personne (un être sensible aux yeux de la loi), non un objet d'expérience ni un steak/pilon/ manteau en série (cf les reportages de L214, sur les maltraitances dans les élevages ou/et dans les abattoirs), ce n'est pas non plus un jouet que l'on abandonne ni un trophée.
A ce propos, je voudrai ici mettre un lien vers les positions des présidentiables, telles que recueillies et notées par L214, ainsi que quelques extraits (j'essaie d'être neutre, hein...)

Jean-Luc Mélenchon : souhaite « éradiquer la maltraitance envers les animaux ». [...]concrétise cet engagement à travers des propositions audacieuses sur le Droit animal (inscription dans la Constitution du respect dû aux animaux, politique nationale de stérilisation...), la chasse (il est le premier candidat à répondre au collectif du 21 septembre : instauration du "dimanche sans chasse", la cavalière que je suis dit yeaaaaah), l’expérimentation animale  et l’élevage (interdiction de l’élevage en batterie, de l’abattage sans étourdissement, réduction de la part des protéines carnées, normes exigeantes dans les abattoirs...)... 

Emmanuel Macron [...] affiche clairement son indifférence à la souffrance des animaux. Favorable aux chasseurs, volonté de réouvrir les chasses présidentielles, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), au développement de l’élevage intensif et d’un modèle tourné vers l’export, à l’assouplissement des quotas de pêches… l’ensemble des orientations du candidat constituent un véritable recul. [...]Emmanuel Macron va d’ailleurs jusqu’à afficher devant la FNSEA un certain mépris pour les associations de protection animale

François Fillon  [...] Hormis une opposition à l’abattage sans étourdissement et une réponse en faveur de la reconnaissance de la sensibilité des animaux sauvages, ces déclarations de principe semblent bien éloignées de ses engagements. [...]appui marqué au gavage, à la corrida et à la chasse (faible encadrement, intervention des chasseurs dans les écoles, intégration du Président de CNPT dans son équipe de campagne, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), à l’élevage intensif (abaissement des normes, aides publiques, soutien à l’export...) et à l’affaiblissement de l’encadrement des quotas de pêche démontrent un désintérêt réel du candidat pour la protection des animaux

Benoît Hamon souhaite garantir le « respect des plus hautes exigences en matière de bien-être de l’animal, en toutes circonstances, et sans exception ». Cet engagement se décline par des mesures concrètes (mise en oeuvre des préconisations de la commission d’enquête sur les abattoirs, disparition progressive de la détention des animaux dans les cirques, politique nationale de stérilisation...) et des orientations plus vagues [...] “commission de dialogue” sur l’abattage sans étourdissement, [...] critique de chasses dites “traditionnelles”, des chasses présidentielles et des lâchers d’animaux). Benoît Hamon semble cependant chercher le soutien des chasseurs ...

Pour lire les propositions des 11 candidats, cliquez sur ce lien - c'est très intéressant. Pour moi, au-delà du bien-être animal, cela montre aussi un autre visage des candidats (mépris de classe, spécisme - ou non... en matière de respect, ça se pose là)

  - Bienveillance envers l'autre  - terre : c'est plus compliqué d'évoquer cette notion de respect et de bienveillance envers la planète sans tomber dans un excès mystique... Enfin, ça ne me dérange pas d'être mystique, mais vous qui me lisez, vous n'avez peut-être pas très envie de ça ?

Pour parler de façon plus brutale :
*Nous sommes engagés depuis 150 ans dans la 6ème extinction massive des espèces - et cette extinction, c'est l'homme qui la provoque, par l'industrialisation, la pollution massive - pesticides, nucléaire, gaz de schiste, etc.
* Cette extinction va de pair avec un réchauffement climatique qui est de plus en plus problématique : 2°C en 2008, on espère aujourd'hui maintenir 4°C de réchauffement ? Ce que cela signifie : désertification, disparition de terres, famine, guerres pour de l'eau, etc. (à lire : ici et )
*A échelle du monde, nous faisons aujourd'hui face à une bande de tarés, climato-sceptiques, viandards, ultracapitalistes (fermes d'élevage industriel, gaspillage des richesses, élevage intensif, modifications génétiques sur plantes et animaux, etc.) qui n'ont qu'un but : l'entassement de richesses... Monsanto, Trump, Poutine n'en sont que des exemples. Si aujourd'hui, rien n'est lancé en Europe pour changer la donne, pour lutter contre ça... je ne veux même pas imaginer ce que sera la France, demain.
*A échelle de la France, d'ailleurs :  le nucléaire est une catastrophe (enfouissement des déchets, centrales de plus en plus fragiles), les lobbies de l'inbdustrie agro-alimentaire exploitent et compressent les agriculteurs, leur imposant des normes absurdes et encourageant aussi bien l'utilisation excessive de pesticides que la production massive et excessive (bétail, poulets, etc.) - moralité, on mange de la merde nourrie aux hormones et aux antibiotiques, on respire de la merde et on développe des maladies, des allergies, les abeilles disparaissent (et qui dit plus d'abeilles dit plus de fleurs, plus de jardins... bref...)
Parmi les candidats à la présidentielle, si Jadot et Hamon ont une vraie force de proposition, ils sont desservis selon moi par leur passif et le poids du PS, nullissime au niveau écologie, avec des ministres incompétents, à la botte des lobbies (chasse, nucléaire, etc.). Le seul à proposer un changement complet et en profondeur est Mélenchon, le candidat de la France insoumise. Voici quelques entretiens avec les présidentiables réalisés par WWF : ici, les analyses de Greenpeace : (macron), (Fillon)et (Mélenchon)
 






Perso, je n'ai pas d'enfants - j'ai mal à chaque fois que je lis un article sur le réchauffement, sur la disparition d'une espèce et l'avenir  de la planète, mais rien de plus. J'ai la chance d'avoir des soutiens familiaux, et je ne suis pas certaine que l'élection de Fillon, Macron ou Le Pen change beaucoup mon quotidien économique (écologique, si... mais bon...)
Dans 40 ans, je ne serai plus là, et je ne leur lèguerai pas un monde qui part en sucette, une terre ravagée, où les hommes sont à peine mieux traités que les animaux qu'ils bouffent - en esclaves, en machines. 
Une terre sans espoir. 
Sans bienveillance.
Sans respect. 

Pourtant, je ne crois pas que ce soit utopiste, bisounours, irréaliste de voter pour que cette notion fondamentale soit mise en œuvre dans notre société. 
Pourtant, je ne crois pas que ce soit utopiste, bisounours, irréaliste de voter pour que notre société se transforme, devienne porteuse d'espoir et non de mort.