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jeudi 12 octobre 2017

Celle qui venait des plaines




Après l'excellent Detroit, de Fabien Fernandez, un nouvel ~Electrogène sort cet automne... Le mien!
Eh oui, Celle qui venait des plaines, alias #CQVDP, paraît aujourd'hui!  Je suis très très heureuse de vous le présenter!
 



Sais-tu comment certains cowboys choisissaient leur mustang, Virgil ? En leur tirant dessus. Peu leur importait qu’ils se rompent le cou ou les membres. Ceux qui survivaient, brisés, se laissaient ensuite manipuler sans protester.
Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres, le tonnerre des canons, les rivières de sang… Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces. Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins, métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.


Très bref extrait, ci-dessous :



La tête tournée vers l’océan, il contemple l’écume sur les vagues et se souvient.
Du fracas des fusils. Des applaudissements sous le chapiteau.
Des orages glacés et de la faim. De la lourdeur poisseuse de son cavalier moribond, de ses 
fureurs, de son humilité, de sa misère d’orphelin. De sa faiblesse à la fin. 
Il y a un cheval blanc sous le vieil épicéa tordu. Un cheval de brume, immobile dans le vent.
La tête tournée vers l’océan, il contemple l’écume sur les vagues et entend.
Les murmures d’une chanson douce. Le souffle de mots anciens.
L’appel d’un cœur bienveillant. Un cœur  qui donne sans exiger ni prendre.
Un cœur qui le berce tendrement.
Il y a un cheval blanc sous le vieil épicéa tordu. Un cheval de brume, immobile dans le vent.
Lentement, il se détourne vers le soir naissant.
Les yeux fixés sur la silhouette trouble qui grimpe le sentier, il attend.

jeudi 5 octobre 2017

Quelques lectures


Detroit, de Fabien Fernandez, est paru le 7 septembre dernier et c'est un vrai bijou. Enfin, rugueux, le bijou et pas très propre mais c'est un peu normal vu l'endroit où il se trouve. Détroit. Ville industrielle, blessée par les crises qui ont lessivé ses ressources et laissé ses habitants sur le carreau. 
Detroit, c'est un un roman noir, urbain, humain, écrit avec les tripes et beaucoup de talent. 
Detroit, c'est trois voix. Celle d'Ethan, d'abord, journaliste et fan d'urbex venu de la Grosse Pomme en quête du scoop qui lancera sa carrière et se retrouve pieds et poings liés, raide dingue amoureux... d'une vieille dame acariâtre et cabossée : Detroit HERSELF.  Deuxième voix de ce récit, Motown se raconte à travers ses bâtiments, ses habitants dont elle observe les vies - parfois brutalement écourtées. Attachante, la vieille. Souvent ironique. Parfois tendre, surtout lorsqu'elle évoque Ethan ou l'inspectrice Ella Moore dont la fougue et la foi l'émeuvent, ou encore Tyrell, cet ado révolté qui la rejette pourtant. Tyrell, c'est la troisième voix. La voix de la colère et de l'envie désespérée de s'en sortir. Tyrell, c'est un ado qui refuse de toute sa rage le destin de gagner et rêve de devenir vétérinaire. Loin, si possible. Très loin de la ville qui l'emprisonne dans sa misère et fait ressortir toute sa violence. Detroit, qui lui offre pourtant, dans les entrailles d'une baraque à l'abandon, un ami, et l'espoir...

Émouvant, déroutant, profondément humain, Detroit est un voyage noir et urbain que je vous conseille vraiment.

Deuxième lecture, bien différente, sauf en ce qui concerne le prénom de l'auteur, puisqu'il s'agit aussi d'un Fabien. Les Vigilantes, de Fabien Clavel, premier tome d'une trilogie glaçante qui se déroule dans un futur bien trop proche et bien trop nationaliste. On y suit le parcours d'Anna, une jeune fille qui, comme des dizaines d'autres orphelins, a grandi au Foyer, un institut paramilitaire dans lequel seuls les plus forts sont respectés. Devenue Vigilante à la fin de sa formation, elle est chargée de surveiller une famille dissidente - et découvre une autre facette de la réalité. Réflexion sur les mécanismes de la dictature, de la violence psychologique et sur le conditionnement, ce récit destiné aux adolescents devrait être lu par tous, et suivi d'une réflexion sur la soumission à l'autorité et sur la façon dont se mettent en place les manipulations politiques.
 @ lire d'urgence dans ce XXIème siècle où les nationalismes s'exacerbent, où les dictatures se parent des oripeaux de la république pour soumettre les peuples...