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samedi 19 mai 2018

Imaginales

Je serai, comme chaque année, présente aux Imaginales du 24 au 27 mai. En plus des signatures et des tables rondes dont je vous livre le détail ci-dessous, j'aurai le plaisir de partager un déjeuner avec les lect-rice-eur.s qui le souhaitent le 25 mai à 13H... juste après le pot organisé par Lynks, la maison d'édition dans laquelle j'effectue de la direction d'ouvrage. 

Jeudi 24 mai, au magic idolize, à 18H.
Epéistes et autres sabreurs : la fantasy, parfois, ça pique!
J'interviendrai en compagnie d'Ellen Kushner, Lena Rémi-Kovach et la table ronde sera animée par Anne Besson.
*
Vendredi 25 mai, au magic deluxe, à 10H.
Toutes ces horreurs dans mes romans... ce n'est pas moi! 
J'interviendrai en compagnie de Carina Rozenfeld et Roxane dambre. La table ronde sera animée par Valérie Lawson.
A 12H15 aura lieu le pot organisé par les éditions Lynks, en compagnie de certains auteurs, d'Hicham et de Mathieu. Nous présenterons la maison et les romans à venir:)
A 13H, je déjeunerai donc avec ceux qui le souhaitent (sur inscription). Une expérience que j'avais adoré il y a quelques années, et que je suis très heureuse de réitérer.
*
Samedi 27 mai, au magic deluxe, à 13H.
Frankenstein a 200 ans... et c'est la créature des créatures.
J'y parlerai altérité, donc, avec Fabien Fernandez, Raphaël Eymery et Xavier Mauméjean. La table ronde sera animée par Natacha Vas-Deyres.
... au salon perdu, à 14H.
Romans historiques sur la 1ere Guerre mondiale.
Une table ronde avec Silène Edgar, Isabelle Fournie, Danielle Martinigol. Elle sera animée par jean-Claude Vantroyen. 





dimanche 13 mai 2018

Dans la mine le charbon n'est pas consulté*

Dans la mine, le charbon n'est pas consulté*. 
Matière première, uniforme et muette, on l'extrait, on la transforme, on la vide. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle. Alors, on la ferme, et on prospecte pour trouver une autre. Qu'on ouvre. Et qu'on exploite jusqu'à la lie. 
Dans le domaine du livre, l'auteur.trice n'est pas consulté.e. 
La différence, apparemment n'est évidente ni pour le ministère de la culture ni pour la tête du gouvernement, qui s'est empressé de créer des Assises du livre... sans auteurs  ( cf. l’article ici), et sans se donner la peine de répondre à l'invitation du Conseil permanent des Ecrivains aux Etats généraux du livre.
Je ne reviendrai pas ici sur cette question précise : je vous invite à vous renseigner sur le site de La Charte, à signer la pétition #auteursencolere et à la diffuser le plus largement possible. 
En revanche, je suis abasourdie par le silence des maisons d'éditions. A ma connaissance, cela avait déjà était peu ou prou le cas (à l'exception de Mnémos, de Lynks et d'Hélène Wadowski, directrice de Flammarion jeunesse, pour les questions de rémunération des auteur.trice.s au Salon de Paris, cf. ce lien). A l'époque (mars, ce n'est pas si loin), cela m'avait déjà perturbée.
Aujourd'hui,  cela me consterne.
Un.e auteur.trice peut être en désaccord avec son éditeur.trice sur son contrat, en négocier les conditions, etc. Mais ce qui est en jeu aujourd'hui n'a rien à voir.
Ce qui est en jeu aujourd'hui, ce ne sont ni les % de droits d'auteur, les conditions d'exploitation d'une œuvre, mais le statut social des auteurs et leur survie. Et, à moyen terme, celle des maisons d'éditions.
 Si les auteur.trice.s sont le charbon de la mine, les éditeur.trice.s sont les ouvrier.ère.s qui travaillent dans la mine. Même s'ils ont droit de parole (ou le pensent, car un droit muselé par la crainte ne l'est plus), ils ne sont pas si loin de Germinal. Et du chômage.

Pas de charbon, pas d'ouvrier.ère.  
Pas d'auteur.trice.s, pas de livres.






#auteursendanger #auteursencolere #pasdauteurspasdelivres #payetonauteur



*Merci à Bernard B.pour cette phrase, qui résume bien notre situation.











mercredi 9 mai 2018

#Auteursendanger

A 11 jours des Etats généraux du Livre, prévus le 22 mai prochain, et devant la situation extrêmement préoccupante des auteur-trice-s, je relaie ici un extrait du communiqué de La Charte ainsi que la lettre ouverte du conseil Permanent des Ecrivains, adressée ce jour au gouvernement. 

Je vous invite à la relayer le plus possible sur les réseaux avec les hashtags : #Payetonauteur #Auteursendanger
D'avance, merci. 


"Au 1er janvier 2019, des réformes vont complètement bouleverser notre régime actuel. Nous mesurons nos propos en disant qu'il s'agit là, pour tous les auteurs, d'une catastrophe sociale et culturelle annoncée. À ce jour, aucune concertation n'a eu lieu avec les décisionnaires de ces réformes et les associations d'auteur. Les auteurs sont tout simplement ignorés, en dépit d'un courrier daté du 27 septembre 2017 promettant une transparence des informations et un travail commun. Le Conseil Permanent des Écrivains a donc adressé une lettre ouverte au gouvernement.
Extrait du Communiqué de La Charte.




vendredi 4 mai 2018

Beaux et bons (kaloi k'agathoi)

Nous vivons dans une société dominée par un modèle patriarcal et utilitariste, dans lequel priment : les chiffres, une rationalité pseudo-scientifique mais rassurante et une bonne dose de cynisme. 
Pour être crédible, il faut  :
*être  de préférence un homme (cf. écarts de salaires, différences obtenues sur les contrats, etc.) ;
*s'armer d'une logique fondée sur des raisonnements "objectifs" et de mots tels que "réformes", "austérité", "profit", "statistiques", etc. (ce qui permet de parler de "dégraissage" humain, par exemple)
* détruire, se moquer, etc. pour exister tout ce qui évoque l'émotion (faiblesse), les sentiments (sensiblerie), la compassion (niaiserie), nature (petits oiseaux gnagnagna) etc.
Même si ce modèle  vacille, notamment grâce aux réseaux sociaux , les dégâts sont là : nous passons et perdons beaucoup de temps à nous justifier et à nous excuser de ressentir - joie, peine, amour, attendrissement, etc. 
Les "bons sentiments", ce n'est pas mal. C'est plutôt beau, en fait. Et même si - là, vous voyez, par atavisme, je commence à me justifier - ça ne fait pas des nœuds au cerveau, ça n'est pas grave. 
Ce qui l'est beaucoup plus, à mon sens,  c'est de s'amputer d'une partie de soi-même au prétexte que c'est... quoi au juste ?
*une preuve de faiblesse : seules les femmes (et les enfants) pleurent (conditionnement sexiste);
* irrationnel, donc subjectif (une émotion ne serait donc pas juste, parce que ressentie ; un jugement le serait, parce qu'il serait... édicté... par une personne ?)
* un signe de mollesse (bon, là, on est chez les grecs anciens, et on nage en plein sexisme- la femme est molle, l'homme fier et guerrier, dixit Homère, Platon et les autres).
Vous voyez où je veux en venir, là ? Ben oui, au fait qu'il est grand temps de lâcher ce p... de modèle hérité du pire des Lumières et développé dans l'allégresse du code Napoléon et l'esclavage ouvrier des mines, de respirer un grand coup et d'OSER.
OSER aimer. 
OSER pleurer.
OSER ressentir - les beaux et bons sentiments (joies, peines, allégresses, etc.).

Ca, c'est prendre un vrai risque. Et c'est un véritable acte de courage.  



Un grand merci à Bertrand, qui m'a inspiré cet article. glee & cats forever!